La Critic est une association loi 1901, située à Cayenne en Guyane française. Elle est agréée Jeunesse et Education Populaire.
La Critic a pour objet de mener une réflexion en sciences humaines et sociales sur les questions territoriales, politiques, culturelles et sociales, et d'agir pour l'émancipation individuelle et collective et le développement de l'éducation populaire.
Actualités
Rapport d'évaluation du projet Oyani
La Critic a réalisé pendant 3 ans l'évaluation du projet Oyani, porté par l'association l'Effet Morpho, dans le cadre du FEJ (Fonds d'expérimentation pour la jeunesse). Marquée par la crise sanitaire, cette recherche a tout de même bénéficié d'un travail de terrain important témoignant d'une forte dimension ethnographique.
Ce projet se structurait initialement autour de la mise en œuvre de la « pirogue jeune », dispositif itinérant proposant activités et ressources dans les villages des communes de l’intérieur de la Guyane, plus précisément du Haut-Oyapock (Camopi) et du Haut-Maroni (Maripasoula) pendant les vacances scolaires. Au regard des besoins des jeunes et des habitant.es et des conditions (contexte sanitaire, spécificités géographiques), le projet a évolué en prenant la forme d’une action globale liant éducation populaire, intervention sociale et développement territorial.
Les jeunes des villages isolés de Guyane française témoignent de conditions d’existence (sociales, culturelles, familiales, géographiques...) spécifiques qui s’inscrivent dans un contexte de discrimination territoriale concernant l’accès aux droits et aux services. Au regard de ce contexte, une action d’éducation populaire répondant aux enjeux de l’émancipation et du développement territorial implique de déployer une démarche à la fois globale (de l’animation au travail social) et « souple ». En effet, ce qu’à démontré l’expérimentation, c’est qu’au regard de la réalité territoriale – qui plus est au moment de la crise sanitaire – il est nécessaire de s’inscrire dans une logique d’adaptation/évolution permanente, en prenant en compte les pratiques traditionnelles (rythmes et modes de vie, organisations familiales, chefferie coutumière...) et les situations des jeunes (des besoins de formation au risque suicidaire).Par ailleurs, si l’expérimentation témoigne d’une dynamique territoriale a priori solide – de l’ancrage local aux partenariats institutionnels – cette dernière pourrait être fragilisée au gré des conflits (au sein des villages, entre les acteurs associatifs...) et des changements d’acteurs (turn-over dans les administrations et les associations, succession des chef.fes...). Ainsi, la question de la pérennisation des actions mises en œuvre reste ouverte.
Il est possible de consulter le rapport final et sa synthèse.
Chantier artistique au CARMA
Dans la poursuite du dispositif SEME, La Critic expérimente un nouveau projet: SMAC (Séjours de mobilisation artistique et culturelle). La première édition s'est tenue du 12 au 18 septembre en partenariat avec le CARMA (Centre d'art et de recherche de Mana). Ainsi, Agnèska, Amana, Elisiane, Jennifer, Juliette, Nancy, Owel, Raoul et Ronald ont participé à un chantier artistique visant à réaliser une "voûte céleste" inspirée du Maluwana (ciel de case). Puisant dans les cosmogonies Teko et Wayana, ces jeunes venu.es de Camopi, Elahé, Kayodé et Taluen ont réalisé une oeuvre remarquable qui trouve sa place légitime dans la nouvelle exposition du CARMA: "Autels garnis". Les jeunes ont aussi tenu le rôle d'animateurs.trices d'ateliers, d'abord en direction d'enfants déficients auditifs et muets suivis par l'APADAG puis auprès d'une trentaine de personnes dans le cadre des journées européennes du patrimoine.
Merci à l'équipe du CARMA: Patrick, Tanguy, Sophie, Idriss et Fiona!






























SEME: un huitième séjour
Entre les 23 et 29 mai s'est tenu à Cayenne le huitième séjour dans la cadre de SEME. Merci à Cédric, Christiana, Daissy, Guillaume, Keni, Jean-Louis, Owel, Sarafina, Simon et Yeedy pour leur engagement et leur confiance. Ces 10 jeunes, venu.es de Camopi, Trois-Sauts, Taluen et Pidima, ont pu participé aux différentes activités tout au long du séjour.
Nous remercions une nouvelle fois Yannick Théolade d'avoir permis aux jeunes de découvrir le Djokan et à Patko Josafath d'avoir animé les ateliers musique. Merci aussi à Sorenza Marie-Magdelaine pour la présentation de la Mission locale et à Muriel Briquet, conseillère territoriale déléguée à la jeunesse et à la vie associative, d'être venue à la rencontre des jeunes. L'équipe de La Critic a pris en charge les sessions d'accompagnement ainsi que les ateliers d'éducation populaire (estime de soi, esprit critique, discriminations, engagement, création d'association....). Lors de ce séjour, nous avons inauguré un nouvel atelier dont l'objectif est de questionner la consommation d'alcool. Le séjour s'est terminé par une sortie mayouri à la plage.




















Des jeunes camopiennes en service civique
La Critic va accueillir pour les prochains mois quatre jeunes camopiennes en service civique. Dans ce cadre, Elisiane, Jennifer, Juliette et Rachelle mettront en oeuvre un projet qu'elles ont imaginé autour de l'intergénérationnel, de la transmission des savoirs traditionnels et de l'affirmation des jeunes. Elles réaliseront un certain nombre d'action à Camopi (ateliers, participation à des événements, recueil de témoignages...) de manière autonome ou en lien avec les acteurs locaux (Mairie, PAG...). Elles viendront aussi régulièrement sur Cayenne pour des temps de formation.



Un début d'année sur les fleuves
Les mois de janvier et février ont en grande partie été consacrés aux déplacements sur les fleuves, essentiellement dans les communes de Camopi et de Maripasoula.
La semaine du 3 janvier, nous nous sommes rendus à Camopi (au Bourg et à Saut-Mombin) pour aller à la rencontre des jeunes que nous accompagnons dans le cadre de SEME et pour en inscrire de nouveaux. Nous avons profité de ce déplacement pour échanger aussi avec les acteurs, en premier lieu Laurent Yawalou, Maire de Camopi, et James Panapuy, responsable de la délégation de l'Oyapock du Parc amazonien de Guyane.
Entre les 9 et 14 janvier, nous étions dans les villages du Haut-Maroni (Kayodé, Elahé, Taluen, Antecume Pata et Pidima) en compagnie du Réseau enfance (Groupe SOS) et de la sous-préfecture aux communes de l'intérieur dans le cadre de la consultation concernant l'expérimentation des classes de collège dans les villages. Ce qui nous a permis d'enrichir le travail d'évaluation du Réseau enfance.
Du 3 au 7 février, nous avons profité de la pirogue France-Services et d'un déplacement de l'association Gadepam pour nous rendre à Trois-Sauts, dans l'objectif de recueillir témoignages et données en lien avec l'évaluation du projet Oyani de l'Effet Morpho.
La semaine du 14 février, nous sommes allés de nouveau dans les villages du Haut-Maroni (Kayodé, Elahé, Taluen, Antecume Pata) avec cette fois-ci la Mission locale, pour assurer le suivi des jeunes accompagné.es dans le cadre de SEME. Nous pris aussi le temps d'échanger avec une partie de l'équipe du Réseau enfance à Kayodé et avec les participant.es de la pirogue du BEPI, dont Sylvio Van Der Pilj du Grand Conseil Coutumier, qui logeaient avec nous à Taluen.



















