La Critic est une association loi 1901, située en Guyane française. Elle est reconnue d'intérêt genéral, agréée Jeunesse et Education Populaire et labellisée Information Jeunesse, elle dispose aussi de l'agrément Intermédiation locative.

La Critic a pour objet de déployer une démarche d'accompagnement global en direction des jeunes, de mener une réflexion en sciences humaines et sociales sur les questions territoriales, politiques, culturelles et sociales, d'agir pour l'émancipation individuelle et collective ainsi que pour le développement de l'éducation populaire et de l'intervention sociale.

Actualités

Éducation populaire et émancipation des jeunes en Guyane : une recherche-action sous l'égide de KAPOK

Dans le cadre d'une convention avec la Collectivité territoriale de Guyane et en lien avec le laboratoire MINEA, La Critic porte désormais KAPOK, l'observatoire des jeunesses guyanaises. Dispositif de production de connaissances et d'animation territoriale, KAPOK se veut un outil au service de l'action publique, des professionnel.les, des associations et des jeunes. En tant qu'observatoire, il est un levier de construction des politiques de jeunesses. 

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La confiance accordée par la CTG à La Critic s'inscrit dans une histoire préalable. Entre 2024 et 2026, le pôle Recherche de La Critic a mené une recherche-action soutenue par la collectivité. Portant sur l’éducation populaire et l’émancipation des jeunes en Guyane, cette mission a été menée sous la direction de Julien Joanny. 

Comment l’éducation populaire se déploie-t-elle aujourd’hui en Guyane ? Quelles sont ses pratiques ? En quoi participe-t-elle du processus d’émancipation des jeunes ? Quelle(s) expérience(s) en font les jeunes ? Quelles en sont les configurations territoriales ?
Pour répondre à ce questionnement, nous sommes allé.es à la rencontre de vingt structures situées dans la CACL (Cayenne, Matoury, Roura), à Saint-Georges ou à Saint-Laurent-du-Maroni, à savoir des centres sociaux, clubs sportifs, tiers-lieux, collectifs culturels, associations de promotion de la santé ou d’éducation à l'environnement. Au total, 66 jeunes et 33 professionnel.les ont partagé leur expérience dans le cadre d'entretiens semi-directifs ou de focus groups. La démarche a aussi associé institutions et têtes de réseaux au sein d’un groupe de travail et a mobilisé jeunes et acteurs locaux lors de cinq ateliers de territoire qui se sont déroulées à Camopi, Cayenne, Maripasoula, Saint-Georges et Saint-Laurent-du-Maroni.

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Les résultats mettent en lumière une éducation populaire « à la guyanaise », plurielle et ancrée dans les territoires. Elle repose sur des lieux de proximité, des démarches d’aller-vers et une posture d’accompagnement fondée sur la confiance et le « faire avec ». Les jeunes y entrent par des chemins variés : une pratique, un stage, un service civique, une invitation d’un.e ami.e. Beaucoup y trouvent bien plus qu’une activité. En effet, confiance en soi, reconnaissance, développement de compétences, capacité à agir collectivement et prise de responsabilités sont autant d’effets décrits par les jeunes, qui deviennent parfois animateur.trices, salarié.es ou porteur.ses de projets à leur tour. Ces dynamiques restent pourtant fragiles. Financements incertains, manque de locaux, épuisement des équipes sont autant de freins à la pérennisation des actions, alors que les besoins des jeunes demeurent importants.

Issues de l’enquête et des ateliers de territoire, des pistes de réflexion et des propositions d’action ont été formulées autour de trois axes : les politiques de jeunesses et le renforcement de l’éducation populaire, la formation et la sécurisation des parcours, et le développement territorial. Elles invitent notamment à mieux soutenir les associations dans la durée, à multiplier les lieux pour et par les jeunes et à reconnaître les jeunes comme des acteurs à part entière de l’avenir de la Guyane. Le rapport final, son annexe et sa note de synthèse sont disponibles en cliquant sur les liens.

Pôle jeunesse: une rentrée 2026 active

De retour de vacances, Joanaël et Audrey se sont rendues à Camopi du mardi 25 au vendredi 28 août pour poursuivre l'accompagnement des jeunes. Ce déplacement était organisé conjointement avec l'équipe EDA de la Mission Locale (MLCESG) autour d'un programme mêlant activités sportives et ateliers sur les discriminations et la gestion budgétaire. Ce déplacement a également permis de discuter de nouvelles actions avec l'équipe du PIJ qui démarreront d'ici la fin d'année et de repérer de nouveaux jeunes.

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Du 6 au 10 septembre, Maudeline et Audrey se sont déplacées sur le Haut-Maroni, à Cayodé et Taluen. Elles ont pu accompagner les jeunes, en repérer de nouveaux en vue du prochain séjour. Maudeline a animé un atelier d'expression et Audrey et Amana ont participé à l'atelier organisé par le Réseau Périnat dans le cadre du SAFTHON (prévention du syndrome d'alcoolisation fœtale) avec un petit groupe de jeunes. Il est prévu de mener des ateliers communs dans les mois à venir.

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Enfin, du 28 septembre au 4 octobre, s'est tenue la 20ème édition du séjour SEME, à Yalimapo, dans les carbets de l'association Kudawyada, avec des jeunes de Camopi, Antecume Pata et Taluen. Nous avons accueilli avec plaisir Alersone, Anderson, Arthur, Doris, Eloïse, Omarion Ricardo et Sthélyana, que nous remercions pour leur confiance.
Encore une fois, ce séjour animé par Audrey, Julien et Maudeline a été partagé entre ateliers d'éducation populaire (estime de soi, esprit critique, préjugés et discriminations) et de prévention (consommation d'alcool, santé, rumeurs et réseaux sociaux), activités collectives (création artistique au Carma, écriture et MAO avec Patko, théâtre) et temps d'accompagnement (livret d'expérience, plan d'action). Nous avons également fait l'expérience d'une nouvelle activité créative, l'anthotype, photographie végétale, avec Marie-Line.
Nous avons également eu la visite de Marion Rodet du GAL de l'Ouest, venue à la rencontre de l'association.

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Reconnaissance

Depuis plusieurs années, nous développons les PIJ (Points information jeunesse) de Camopi et du Haut-Maroni, acceuillant et accompagnant les jeunes au quotidien. Gage de reconnaissance de ce travail, La Critic a officiellement reçu le label Information Jeunesse en juin 2026. 

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La Critic a de plus été reconnue comme une association d'intérêt général. La Critic est ainsi habilité à recevoir des dons et établir des reçus fiscaux. Cela nous permettra de développer plus facilement les partenariats avec les acteurs privés, en premier lieu les fondations. Nous sommes d'ailleurs soutenus depuis un certain temps par la fondation AFNIC dans le cadre de la mise en place d'ateliers numériques dans les villages du Haut-Maroni. Plus récemment, c'est la fondation d'entreprise VINCI pour la cité qui a nous sollcité pour soutenir notre action, soutien qui se traduira par l'achat d'une pirogue à Camopi et l'installation d'un système photovoltaïque à Taluen. Enfin, c'est EDF qui nous a fait don de plusieurs ordinateurs qui seron mis à disposition des jeunes dans les PIJ. 

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Colo'sol, la colocation solidaire

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La Critic a ouvert en juin 2026 deux appartements en colocation, l'un pour les garçons et l'autre pour les filles, à destination des jeunes que nous accompagnons. L’origine du projet tient dans un constat éprouvé dans le cadre de l’accompagnement global des jeunes des communes de l’intérieur que nous menons depuis plusieurs années : le principal frein à la construction des parcours (reprise de formation, recherche d’emploi, etc.) est le manque voire l’absence de solution d’hébergement adaptée sur le littoral.  

Il s’agit ainsi de proposer aux jeunes accompagné.es un logement à coût maîtrisé sur l’île de Cayenne. En contrepartie, chaque jeune s’engage à poursuivre son projet de formation ou d’emploi et à s’inscrire dans une dynamique collective. Dans l’esprit de l’éducation populaire, l’objectif n’est pas d’offrir un logement « clés en main ». Le logement doit prolonger l’accompagnement et devenir un espace d’apprentissage de l’autonomie, de la vie collective et de l’engagement citoyen. Le projet poursuit trois objectifs : lever les freins matériels à l’accès à la formation et à l’emploi, favoriser l’émancipation des jeunes, et valoriser leurs compétences à travers des projets collectifs.

Suite à une phase préfigurative soutenue par la CAF nous ayant permis d'obtenir l'agrément d'intermédiation locative et de construire un partenariat avec le bailleur social 2ter Habitat, l'année 2026 est celle de la mise en oeuvre. Ce dispositif est désormais soutenu par la CTG et l'Etat. 

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Colloque sur l'émancipation des jeunes

Préparé depuis plusieurs mois, le colloque interdisciplinaire "L'émancipation des jeunes en Guyane. Penser les leviers traditionnels et institutionnels du passage à l'âge adulte" s'est déroulé du 16 au 19 juin à Cayenne (Université de Guyane), Saint-Laurent-du-Maroni (Kamalaguli Connect) et Saint-Georges de l'Oyapock (Cité scolaire). 

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Placé sous l'égide de KAPOK, l'observatoire des jeunesses guyanaises, cet évènement a rassemblé chercheurs/ses, institutions, associations et jeunes autour de divers temps d'échanges. 

Les séances plénières ont permis à plusieurs intervenant/es d'interroger ces questions de l'émancipation et du passage à l'âge adulte à partir de différentes focales: Maryan Lemoine nous a parlé des vulnérabilités des jeunes, Julien Joanny de la rencontre entre les pratiques des acteurs de l'éducation populaire et des parcours des jeunes, André Decamp a porté son regard sur les centres sociaux et Florence Ihaddadene sur les politiques d'insertion, Emmanuelle Maunaye a pour sa part questionné les parcours d'accès au logement autonome tandis que Gregory Bériet a évoqué les représentations ayant trait aux grossesses adolescentes. Plusieurs communications ont concerné les rites de passage: Sébastien Chapellon a interrogé les rites de puberté sociale du point de vue de la psychologie, Chô Ly a présenté le mariage traditionnel hmong et Clarisse Ansoe Tareau le rite du gi pangi chez les Businengue, Jocelyn Lachance et Mara Sierra Jimenez ont de leur côté considéré les formes des rites d'émancipation contemporains en Guyane. Enfin, Abdelhak Qribi a proposé une analyse du vécu des élèves autochtones contraint de s'éloigner de leur famille pour leur scolarisation. 

Ce colloque a aussi été l'occasion de donner la parole aux acteurs, y compris des jeunes, dans le cadre de plusieurs ateliers thématiques: Jeunes, territoire et participation; Les jeunes et le rapport au vivant; Jeunes et santé; Jeunes et discriminations; Les jeunes, l'éducation populaire et la formation; Insertion, autonomie et émancipation; Les affirmations culturelles des jeunes; Jeunesses en danger; Alliance éducative et prévention des ruptures scolaires; Travailler à plusieurs autour de l'adolescent; Education populaire et dynamique transfrontalière; Les parcours des jeunes de l'intérieur sous influence territoriale. 

Nous avons par ailleurs profité de la dynamique du colloque pour organiser un séminaire de travail autour des enjeux et perspectives de l'observatoire KAPOK. Cela a notamment été l'occasion de revenir sur les travaux en cours et ceux précédemment réalisés par le CRPV (étude sur l'intégration sociale, chiffres clés). 

Nous remercions grandement les acteurs ayant pris part ces différents temps de présentation et d'échanges, notamment l'ATJEG, le réseau Manioc, la Sepanguy, WWF Guyane, le Réseau périnat, les Maisons des adolescents de Cayenne et de Saint-Laurent, Opportunités jeunesses, la DGCOPOP, l'IUT de Kourou (département Carrières sociales), OFA Guyane, La Critic, la Mission Locale Centre-Est-Savanes, le Doubout collectif, Anne-Lise Wejuku, l'ITEP Félix Eboué, la PJJ, L'Effet Morpho, ID Santé, la sous-préfecture de Saint-Georges, la Cité éducative de Saint-Laurent-du-Maroni (Rectorat de Guyane, Sous-préfecture et ville de Saint-Laurent-du-Maroni) ainsi que tous les participant/es.

Merci aussi à Manioc pour l'animation et aux artistes du Doubout collectif pour le moment musical.

Cet événement a été porté par La Critic, la CTG et le laboratoire MINEA (Université de Guyane).

 

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